jeudi 8 mai 2014

Paprika - Satoshi Kon (2006)

Il est extrêmement rare que je regarde un film. Vraiment. Mais je viens de me prendre une sacrée claque dans la gueule. Je sors actuellement d'une transe d'un peu plus d'1H30 où j'ai vécu, vibré et senti les émotions au rythme de la magie magnifique qu'est Paprika. Musique.







Il faut excuser mon inculture totale du monde du cinéma. C'est d'ordinaire un support que je n'apprécie pas ; les films m'ennuient, je ne me sens pas happé. De fait, peut-être est-il dans la norme d'avoir déjà entendu parler de Satoshi Kon, mangaka et réalisateur décédé il y a 4 ans d'un cancer du pancréas. Wikipédia m'enseigne qu'il s'est fait connaitre en 1997 avec Perfect Blue, que 4 de ses films sont des films de renom et que son dernier, Paprika, est son plus grand chef d'oeuvre. Paprika aura d'ailleurs, de part les thématiques qu'il aborde, servi d'inspiration à Inception, sorti en 2010, soit 4 ans plus tard.

Mais comment décrire Paprika ? Par son scénario? Par ses musiques ? Ou par l'émotion profonde qu'il a laissé en moi ?
Il faut avant tout savoir que Paprika est un film conceptuel. Je suis certain que chacun y trouvera son propre sens, sa propre interprétation, un peu comme dans les rêves. Un peu comme si Paprika était un rêve partagé, que nous pouvons chacun vivre à notre manière.
La thématique du rêve, c'est justement ce qui fait le coeur de Paprika. Dans ce monde qui ressemble au notre, une technologie permet de voir et d'enregistrer les rêves des gens. Encore en développement, elle ouvre un nouvel avenir à la psychothérapie. Mais quand un jour, on découvre que ces appareils sont volés, les rêves de patients délirants commencent à s’immiscer dans la psyché collective. Et c'est la frontière entre rêve et réalité qui s'en retrouve affaiblie.

La musique de la Parade est magnifique. Elle a été mon premier contact avec le film, il y a 4 ans.

Les rêves sont souvent incompréhensibles, illogiques, parfois absurdes. Paprika a la structure d'un rêve : chaque plongée dans la psychée des personnages est un délice. Les décors regorgent de détails et les musiques, comme vous avez pu l'entendre si vous avez cliqué sur les vidéos, contribuent à l'immersion totale dans le film. Comme dans un rêve, on  est complètement happé. On vit tout comme à la première personne : les folies, les peurs, l'absurdité des scènes... Toute l'alternance entre réalité et fiction est maîtrisée avec une perfection rare. Immersion totale dans un univers non pas "absurde", mais "onirique", de la première minute à la dernière.

Je ne peux que répéter combien les musiques résonnent en moi alors que je les écoute encore. Cette bande-son est unique et inimitable. Les thèmes principaux reviennent souvent (peut-être trop ?), mais ils me faisaient très plaisir à l'oreille, tant leurs sonorités sont indescriptibles.

Et puis il y a le personnage principal, Paprika. Elle est parfaite. Je ne peux pas dire plus que ça. Elle est juste. Parfaite. Sans trop spoiler, j'ai l'impression que Paprika, en plus d'être le double onirique du Professeur Chiba, représente d'une certaine manière son inconscient. Cela fait du professeur Chiba un personnage bicéphale; à chacune des interventions de Paprika dans sa vie éveillée, Chiba lui dit de se taire, de la laisser tranquille. Puis, au moment où les rêves se mêlent à la réalité, on a l'apparition d'un conflit en conscient et inconscient. Avec cette grille de lecture, Chiba apparaît comme froide en besoin de contrôle, alors que Paprika est rayonnante et sans barrières. J'aime particulièrement cette façon de voir le film, mais je suis certain qu'il en existe d'autres.

Les thèmes abordés sont vu avec une richesse d'esprit rare et, même en VF, les voix sont passables. Ca parlera de sommeil paradoxal, de transmission synaptique, d'anaphylaxie (merci pour le mot.), d'inconscient et d'onirisme sans jamais devenir trop obscur ; juste ce qu'il faut pour donner matière à réflexion. Ce film est hypnotique à sa manière, j'en suis certain. On pourrait décomposer ses étapes, son induction et ses deepener. C'est une expérience à vivre d'urgence.

Paprika, c'est bourré de phrases de ce type. On n'est pas passif devant l'écrans. Presque jamais.

... Mais ne pensez pas avec l'image du dessus que tout le film n'est qu'un agrégat de phrases incompréhensibles mises bout à bout, c'est tout le contraire. Il n'y a pas besoin de comprendre les choses : on est dans un rêve. Même si parfois, les rêves ont du sens. 
Loin d'être obscur, Paprika reste un film d'animation pour enfants, sans pour autant prendre les enfants pour des gamins attardés. Il y a juste, de temps en temps, des phrases étranges, sorties de nulle part, et je pense que c'est sur ces phrases que le film cache une deuxième lecture, une réflexion. On évite heureusement les morales cul-cul style pouvoir de l'amitié et force de l'amour, même si, comme beaucoup de protagonistes, je crois bien être tombé amoureux du personnage de Paprika.

... Je ne peux pas vous transmettre toute l'émotion que j'ai eu face à ce film. C'est une review très courte et incomplète, mais je vous garde les surprises. Je suis juste bouleversé par ces dialogues, ces mondes qu'il m'a été donné de voir, ces personnages qui s'écartent des stéréotypes, ces musiques, ce tout. Ouais, Paprika, c'est un tout, à voir absolument. Je suis bouleversé et je tenais à ce que vous le sachiez. J'ai vu Paprika, et c'était magique.

1 commentaire:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer